Vous voulez en savoir plus sur les vampires ? Alors hop ! Le petit dossier historique du site Soleil.

Depuis le 24 août, les éditions Soleil vous proposent de plonger à "sang pour sang" au cœur du mythe avec DRACULA de Corbeyran & Fino et MY LADY VAMPIRE de Alwett & Nicolaci.
Folklores et origines
On en revient toujours au sang. Le mythe du vampire remonte aux premiers sacrifices, quand l’homme se persuadait que les esprits réclamaient leur part de vie. Pour les alimenter, on tranchait les gorges qu’elles soient humaines ou pas, des Aztèques aux Grecs, c’est un fait présent dans la plupart des civilisations.
Durant l’Antiquité, le vampire n’est qu’âme maléfique, fantôme malfaisant peu tangible, mais les siècles passants lui feront cadeau d’un corps. Le démon est alors incarné et doit se nourrir de sang pour alimenter son enveloppe d’une vie maudite et pervertie…
C'est dans le folklore slave que se précise le mythe du vampire classique, dont le plus célèbre représentant est bien sûr
Vlad Tepès (Vlad l'empaleur en roumain) prince valaque du XVème siècle, aussi appelé
Dracula. Le mot même de Vampire apparaît pour la première fois dans un ouvrage anglais du XVIIIe siècle et dérive de la forme Serbo-croate «
vāmpῑr », qui désigne un revenant maléfique.

Dans la littérature gothique
Bien que la vérité soit un peu plus complexe, la légende aime raconter que la littérature gothico-vampirique, en vogue dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, naquit lors d’un étrange été au bord du Lac Léman…
Nous sommes en 1816 et
Lord Byron accueille en sa villa le poète Shelley, son épouse la très jeune Mary, et quelques autres fous furieux. La Suisse est ravagée par les orages et plutôt que d’aller naviguer sur le lac, la petite société en est réduite à se raconter des histoires de fantômes. Lord Byron lance un défi : profiter de l’été pour écrire une histoire fantastique.
Mary Shelley se prend au jeu et du haut de ses dix-huit ans met au monde
Frankenstein. Quant à Lord Byron, il ne griffonne que quelques pages, une histoire de vampire que poursuivra Polidori. Ainsi naît l’image du démon tel que
Bram Stocker le fera connaître dans
Dracula en 1897. Car Lord Byron, grand brun ténébreux aux manières brutales, esprit brillant et méprisant, séducteur peu respectueux des femmes, est l’homme qui inspira la figure type du vampire occidental à Polidori.
De ce personnage découleront les premières règles du genre :- La victime doit être séduite avant d’être mordue, le contact avec un vampire ayant un fort potentiel érotique.
- La transformation n’a lieu qu’après plusieurs visites. Alors l’âme de la victime est définitivement damnée et son corps exsangue meurt pour revenir à son tour sous forme de vampire.
- Le vampire est pétri de super-pouvoirs. Extrêmement fort physiquement, il peut se transformer en loup, en chauve-souris, en rat ou même en brume. Bien évidemment, il est immortel.
- La lumière du jour l’affaiblit, mais ne le tue pas. Pour en venir à bout, il faut le décapiter ou lui enfoncer un pieu de bois dans le cœur.
- C’est un être démoniaque qui craint les symboles religieux et l’eau bénite. Il lui est difficile de traverser de l’eau vive, car l’eau rejette les morts.
- Également désigné par le terme de « non-mort », le vampire est attaché à sa terre natale et trouve refuge dans son cercueil.
Avant
Dracula, ces règles sont fixées au travers de plusieurs romans gothiques qui cultivent cette même atmosphère de romantisme et d'épouvante. Parmi les œuvres les plus célèbres, on trouvera
La Morte amoureuse (1836) de Théophile Gautier, ou encore
Carmilla (1871) de Joseph Sheridan Le Fanu.
La « Paranormal romance »
En 1976, avec
Entretien avec un Vampire, Anne Rice propulse le mythe dans l’ère de la modernité. Les intrigues se complexifient et les crises existentielles surgissent : le vampire s’interroge sur son éternité. Il a perdu ses pouvoirs les plus fabuleux et s’en trouve beaucoup plus vulnérable. Par-là même, il se rapproche de ses origines humaines.
Le vampire s’en retrouve désacralisé, il ne relève plus de l’antéchrist et n’a plus rien à voir avec la religion, à moins que cette dernière ne soit ravalée au rang de mythologie fantastique, ainsi que Joss Whedon le fit dans
Buffy, the Vampire Slayer ou encore Yasunori Urata dans le manga animé
Hellsing.
Le combat contre les forces du mal perdant de son intérêt, le rapport à la séduction va s’en trouver décuplé. Fleur carnivore, ténébreux séducteur, le vampire envahit la littérature féminine et les romans d’amour, via ce que les Anglo-Saxons baptisent la « Paranormal Romance ». Le cas le plus extrême de cette littérature fut tenté avec
Twilight de Stepheni Meyer.
D’autres œuvres, plus à l’aise avec les origines fantastiques du genre voient le jour comme
Vampire Diaries de Lisa Jane Smith ou le très humoristique et pourtant romantique
Protectorat de l’Ombrelle de Gail Carriger.
Pour cette rentrée 2011, Soleil publie
MY LADY VAMPIRE, un album d'
Alwett & Nicolaci qui jongle avec les codifications du genre et un certain humour.
Loreleï est aveugle et s’ennuie à périr dans une demeure, où son père et sa belle-mère la tyrannisent. Pour tromper son ennui, elle soigne toutes les bestioles venant à dépérir devant sa porte, jusqu’au jour où c’est un vampire blessé qui vient s’y échouer. Une fois le loup dans la bergerie, il va bien sûr y sortir les crocs. Mais Aloïs, le vampire, est traqué par ses semblables qui en veulent à sa vie. Dès lors, la survie de la bête dépend de celle de la belle, et inversement… Les voici piégés dans un écrin de sang !
MY LADY VAMPIRE respecte et développe les codes de la littérature vampirique et bouleverse, non sans humour, les codes des héros et héroïnes traditionnels de la littérature romantique.