
Voilà 15 jours que le blog est lancé, le moment est venu de me présenter sommairement et d'expliquer comment et pourquoi les collections
Strawberry et
Blackberry sont nées.
Maintenant, pour en venir à la conception de cette double collection, je vais devoir raconter un peu ma vie... Dans mon adolescence, je n'étais pas à proprement parler "une vraie fille". J'étais plutôt du genre intellectuelle boutonneuse (très boutonneuse !) et associale qui bouquinait dans sa piaule. J'adorais ce qu'on appelle pompeusement la grande littérature, mais j'étais aussi une vraie fan de BD et de ces petits livres pour ado qui se dévorent en une heure. J'avais lu des dizaines de fois le Club des Babysitters, La Gym, Ce Soir à la patinoire, Le Sang des Étoiles... Et je me souviens avoir été très frustrée de ne pouvoir retrouver ce genre d'histoires en BD, dans une narration imagée.
Les années passants, j'ai découvert la chick-lit et les grandes comédies romantiques. Je suis devenue fan de La Revanche d'une Blonde, sans culpabilité. C'est pas parce qu'on aime se détendre qu'on n'est pas capable d'apprécier Sunset Boulevard ou Casablanca.
En avril 2008, alors que je me baladais dans une librairie Album, j'ai soudain réalisé que la collection dont je rêvais quand j'étais collégienne n'avait toujours pas été créée. Il y avait bien quelques albums qui se battaient à droite à gauche, mais pas de mouvement général. Je me suis dit "c'est bête, il doit y avoir tout un public frustré". Alors, j'ai monté un dossier, j'ai contacté des dessinatrices sur la blogosphère, entre autre Emilie Decrock et Carole Carrion (deux grandes dessinatrices qui ont sûrement pesé lourd dans la balance), et j'ai présenté le projet Strawberry à Mourad Boudjellal, le directeur des éditions Soleil. A ma grande surprise, il m'a nommée directrice de collection, et ainsi a démarré l'aventure.
Je voulais faire quelque chose de frais, de fun qui correspondait plus à un petit format qu'à un grand. Le format Strawberry a demandé un gros boulot ! Dans un prochain post, je vous montrerai les maquettes et vous exposerai ce que ce format a d'innovant, et pourquoi tous les auteurs, les gens de la fabrication chez Soleil et moi-même avons bûché très dur pour tenter d'obtenir un objet cute et sympa !
Le problème, c'est qu'en parallèle, j'avais déjà lancé Princesse Sara avec Nora Moretti et que je voyais plus un format classique pour ce genre de bouquin. À côté de ça, Jean Waquet avait fait signer un très beau projet à Aurore et Algésiras. Il s'agissait d'Elinor Jones qui était assurément un concept féminin, et qui cherchait un peu une collection, lui aussi.
Comme Mourad Boudjellal avait soufflé l'idée d'une collection double-format, la collection Blackberry s'est créée un peu d'elle-même de cette façon, parce qu'il y avait un manque réel.
Mais dans le cas de Strawberry, comme de Blackberry, je crois que ce qui a bien fonctionné dès le départ, c'est que tous les auteurs avaient très envie de se lancer dans quelque chose d'un peu féminin et que, probablement elles avaient ressenti une frustration également à ce niveau-là. Le résultat c'est qu'aucun auteur dans cette collection n'a l'impression de répondre à une commande, mais fait vraiment ce qui l'éclate.